Malgré la paralysie de l'espace aérien européen suite à l'éruption du volcan islandais, le salon Infosecurity Europe 2010 a attiré une foule immense de visiteurs. Les principaux thèmes abordés cette année étaient la perte de données, la sécurité dans le nuage informatique et le Web 2.0. Beaucoup de stands d'exposition ont été très appréciés, mais ce qui semble avoir attiré autant de monde, c'est surtout les divers ateliers et présentations couvrant tous les domaines, depuis les dernières technologies du secteur jusqu'à la stratégie commerciale.

L'issue de ce match-là ne faisait aucun doute : Infosecurity Europe : 1 ; nuage de cendres : 0. Malgré les perturbations dans l'espace aérien européen, la plus grande manifestation britannique consacrée à la sécurité, qui fête cette année son 15e anniversaire, a attiré un nombre record d'exposants et de visiteurs. Près de 12 500 enthousiastes sont venus profiter des offres présentées par les 324 exposants. Beaucoup de visiteurs ont répondu à l'appel des nombreux intervenants célèbres et respectés, venus prononcer un discours d'introduction ou animer des ateliers, et des sociétés qui ont choisi ce salon pour présenter leurs actualités marquantes. Parmi elles, Symantec a annoncé l'achat de la société de chiffrement PGP et GuardianEdge pour la modique somme de 370 millions de dollars américains. Deux conférences en particulier ont retenu l'attention du public : celle du groupe Pricewaterhouse Coopers (PwC), consacrée aux résultats de son étude sur la perte des données, et celle où David Smith, commissaire adjoint à l'ICO (Information Commissioner's Office, l'équivalent britannique de la Cnil), a déclaré que des pénalités plus lourdes seraient appliquées en cas de perte de données des clients.

DEUX EVENEMENTS EN UN : EXPOSITION ET CONFERENCES

Comme à leur habitude, les organisateurs d'Infosecurity 2010 ont proposé deux événements en un. Le hall d'exposition central servait de lieu de rendez-vous aux sociétés exposantes ; des box y avaient été installés pour permettre aux visiteurs et aux représentants des entreprises de s'entretenir à l'écart de la cohue et du bruit, un agencement très apprécié des exposants comme des visiteurs. Nina Malchus, directrice de l'édition chez SecuMedia et habituée de ce salon a donné son impression sur le hall d'exposition : « le hall est un endroit très animé et fait une forte impression sur le visiteur. Il y a énormément à voir, à étudier et à tester, mais si l'on a toute la journée devant soi, on peut arriver à faire le tour de tous les stands. » David Tomlinson, directeur general de Data Encryption Systems a également été impressionné. « Nous avons reçu la visite d'un grand nombre de visiteurs qui souhaitaient réellement travailler avec nous.

Ce salon est l'endroit idéal pour rencontrer de nouveaux clients. » Les analystes ont d'ailleurs confirmé ce sentiment.« En tant qu'analyste, je pense qu'Infosecurity Europe est l'événement le plus important de l'année », a déclaré Nigel Stanley, responsable de la sécurité informatique chez Bloor Research. « C'est là que l'on rencontre les fabricants et que l'on se tient informé des dernières tendances du secteur. Pour moi, ce n'est vraiment pas une perte de temps. » Si le salon attire autant de visiteurs et de fabricants, c'est à la fois grâce au professionnalisme de Claire Sellick, responsable événementiel pour Infosecurity Europe, et à cause de la forte aggravation des menaces dans le domaine de la sécurité informatique. Après plusieurs années de calme relatif, les entreprises britanniques doivent aujourd'hui faire face à une déferlante de cyber-attaques, dont l'impact est estimé à plus de 10 milliards de livres sterling par an. « Cela montre à quel point de la gestion de la sécurité informatique est importante », conclut Sellick.

LA PERTE DE DONNEES, POINT DE MIRE DU DISCOURS D'OUVERTURE

Dans son discours d'ouverture, David Smith, commissaire adjoint à l'Information Commissioner's Office, a dressé le constat suivant : « En un peu plus de deux ans, 960 déclarations de perte de données ont été enregistrées, soit une moyenne de 30 par mois », a-t-il indiqué. D'après les informations qui lui ont été communiquées, le NHS (National Health Service, service de santé national du Royaume-Uni) était responsable d'environ 30 pour cent des données perdues. Selon David Smith, « il est très probable que dans un très proche avenir, le signalement des pertes de données aux autorités deviendra une obligation légale au Royaume-Uni ». Même des recherches menées par Pricewaterhouse Coopers ne laissent rien présager de très optimiste. L'année dernière, le nombre de grandes entreprises victimes d'un incident de sécurité ou d'une perte de données atteignait le pourcentage inquiétant de 92 %. D'après cette étude, « A Survey of Information Security Breaches » (Etude sur les infractions à la sécurité informatique), les cyber-délinquants s'organisent en fonction des domaines d'activité et le secteur a par conséquent besoin de moyens de protection appropriés. Pourtant, de nombreuses entreprises restent tristement vulnérables ou sont mal préparées à combattre les menaces qui pèsent sur elles. Pour de nombreux visiteurs d'Infosecurity 2010, les ateliers proposés représentaient l'élément le plus intéressant du salon. Les organisateurs avaient structuré l'événement en trois parties : les discours d'introduction, la stratégie commerciale et la technologie. Les présentations sur la stratégie commerciale ont reçu des éloges unanimes. Leur durée, limitée à 45 minutes, convenait parfaitement aux visiteurs qui souhaitaient recueillir autant d'informations que possible dans un court laps de temps. Le public a énormément apprécié de voir que les sessions n'avaient pas été sacrifiées sur l'autel du marketing et des ventes. L'intervention de Ian Mann sur l'ingénierie sociale a été particulièrement applaudie. L'auteur de Hacking the Human a cité plusieurs anecdotes amusantes afin d'expliquer en quoi l'animal humain assis devant un écran représente la plus grosse menace pour la sécurité de la plupart des entreprises.

EUGENE kASPERSkY ENTRE AU PANTHEON DE L 'INFORMATIQUE

Le discours « Cyber Warfare - War Stories from the Front Lines » (Cyber-guerre : récits d'un intervenant du front) a également été chaleureusement applaudi. ? en juger par les longues files d'attente qui se formaient devant l'entrée, il était évident qu'un événement spécial allait avoir lieu. La présentation suivante, assurée par Marc Kirby et Sean Hanna, a probablement constitué le moment le plus amusant et le plus intéressant du salon Infosecurity Europe 2010. Eugene Kaspersky, PDG de Kaspersky Labs, a également pris la parole pour partager sa vision de l'avenir des technologies de l'information. Selon lui, le smartphone aura le monopole, et tout le monde en aura un. Kaspersky, entré au panthéon de l'informatique au cours d'Infosecurity 2010, a déclaré avec énergie que le monde assisterait à un formidable développement des équipements et des logiciels pour smartphones. « Je pense que les smartphones auront bientôt assez de puissance et de mémoire pour accueillir nos données personnelles, mais aussi des films, des photos et d'autres types de documents », a-t-il déclaré, avant de poursuivre : « Nous n'aurons plus l'usage des ordinateurs. Pour quoi faire ? Tout ce dont nous avons besoin c'est un clavier, un écran et une connexion réseau. » Une telle révolution se traduirait par une forte hausse du nombre d'attaques contre les appareils mobiles. Ceux-ci sont toutefois beaucoup plus faciles à protéger grâce à l'infrastructure centralisée du fournisseur. Comme en témoigne le nombre toujours croissant de visiteurs et d'exposants, Infosecurity Europe va dans la bonne direction. Selon Claire Sellick, cet événement doit son succès grandissant à une prise de conscience dans les entreprises : elles réalisent que la sécurité informatique est aujourd'hui une condition essentielle à la mise en place de nouveaux produits et services rentables. Les événements comme celui-ci, qui permettent rencontres et échanges entre les fournisseurs et les clients, sont sans aucun doute l'avenir du secteur informatique. Sellick a annoncé que 82 pour cent des stands disponibles pour Infosecurity Europe 2011 avaient déjà été réservés.

RE

Source :